mercredi 29 décembre 2010

PARCELLES ET QUALITES URBAINES.

Observons les rapports des parcelles avec l'espace extérieur ou public.

Dans la photo, l'étage de la parcelle s'accole à la parcelle d'en face en "chevauchant" sur l'espace public. La rue est préservée, elle s'enrichit d'une "séquence" couverte. (appelé à Constantine, sabat).
La notion "publique" de l'espace est maintenue, alors que le cadre "privé" assure sa "solidarité" et sa cohésion sociales.
Ici, le tissu urbain est une traduction littérale du tissu social.
La question "technique" n'est pas loin également. Le confortement des édifices exige souvent des "adossements" appropriés.
Mais, la préservation de l'espace public est "SACRÉE".
Symboliquement, ce passage pourrait traduire "un seuil" d'entrée à un quartier ou à une zone particulière. Ainsi, les aspects sociaux, urbains et techniques sont associés dans une performance que le génie de bâtisseurs avaient élaborée pour répondre à une situation jadis "inextricable".
Aujourd'hui, nous (du haut de notre 21e S.) restons coi devant une telle réponse....Nous admirons cette "sequentialité" qui anime l'espace publique en invitant "l'événementiel", nous admirons cette solidarité sociale et surtout le respect de l'espace public.....

Il y a également ce "tutoiement" entre édifices se faisant face...plus présent dans les ruelles...

toujours est-il, il y avait un principe social fondamental, une éthique qui faisaient  
office de source "juridique".
En somme, l'espace public se présente dans toute sa splendeur par la multiplication des séquences et donc des "événements". 




    La parcelle s'étend à l'étage  et chevauche partiellement sur l'espace public (ici, le trottoir). La galerie obtenue devient un espace "exceptionnel" par son affectation au piétons et au commerce. Sur le plan "sensibilité", elle est souvent un espace ombré, donc protecteur contre la chaleur et les pluies. elle permet de regarder la rue (l'autre face) par intermittence.
Sur le plan général, la façade de la rue se démarque par cette concavité "alternée", elle même siège de l'événementiel...  

A saisir:  la qualité de l'espace urbain (sociale, esthétique, paysagère, technique) est une valeur à "établir" en à priori...Donc elle s'entame avec la conception ou la composition du parcellaire.C'est le premier enseignement à tirer de la lecture d'un cadre bâti historique et harmonieux. 

Aujourd'hui, la conception des POS reste tellement "ouverte" que l'inscription architecturale des édifices aboutit à des "aberrations"...Tout ce qui est exigé tient au respect des valeurs comme le COS et CES et encore....  Et pourtant les outils permettant la restitution sont légions...    

mardi 28 décembre 2010

Quelques caractérisiques des parcelles...

Extension du bâti et mode d'occupation de la parcelle.


Extension linéaire ou horizontale: l'édifice se développe sur les cotés de la parcelles en "conservant " un vide utile pour l'accessibilité aux nouvelles extensions et pour  le confort (air et lumière).

Ce mode pourrait être (je souligne) à la base de la formation des maisons à PATIO (cour centrale).Il est encore (très peu) en usage en milieu rural. Quand un membre de la famille se marie, une pièce lui sera construite. Et ainsi de suite, les pièces vont s'organiser autour d'une cour qui deviendra centrale (au début elle était contiguë à la partie bâtie initialement).



D'autres modes d'extension sont aujourd'hui en usage: l'extension verticale. Dans le principe (sociale) elle est analogue à la précédente, sauf que l'extension se fait sous forme d'étages superposés.   Vous le constatez dans ces constructions à usage d'habitation, dont les étages sont souvent entamés (inachevés) ou vous le voyez dans les "fers d'attente"..qui seront employés pour construire les poteaux de l'étage...
Généralement, la parcelle dans ces cas est entièrement occupée (habitat illicite en dur) , dans les lotissements,  une cour arrière est préservée sur les cotés mitoyens, pour aérer et éclairer les pièces arrières. Sinon, la lumière et l'air sont captés de l'extérieur...  

lundi 27 décembre 2010

Suite du post précédent:

En fait il est difficile de faire la mise en page et d'écrire des textes, cette possibilité n'est pas disponisble chez le fornisseur de blog.

Il vous est demandé d'OBSERVER la parcelle et son occupation.
  1. l'extension de l'édifice... 
  2. le "rétrécissement" du "vide".
  3. la relation de la parcelle avec la voirie.(accès et façade)
  4. les transitions qui s'y établissent avec l'extension de l'édifice.
  5. la relation des "extensions" avec le "vide".

samedi 25 décembre 2010

Parcelle et parcellaire

Si les cartes historiques sont les instruments fondamentaux à l’analyse urbaine, le parcellaire est l’élément essentiel de la structure urbaine. Ces deux facteurs associés peuvent fournir quelques réponses à l’interrogation méthodique de l’espace urbain. Ainsi comme le présageait Boudon, l’approche de la ville historique ne peut échapper aux deux directions : synchronie et diachronie.
La parcelle est donc l’unité de base du tissu urbain. Elle se matérialise par ses limites marquées, reconnues et enregistrées. Sur le plan juridique, elle signifie une propriété foncière, un bien « privé » par rapport à un bien public. Toutefois, la parcelle peut recevoir un édifice public.

Le parcellaire est donc le système associant un ensemble de parcelles sur un même territoire.

Réellement, le parcellaire constitue dans les centres anciens une trame stable. Parfois, la construction occupant une parcelle est renouvelée, agrandie dans les limites de la parcelle, mais aussi si elle peut « annexer » une autre parcelle mitoyenne, (dans le cadre d’une transaction) ou même si elle est morcelée (division d’un héritage) les tracés trahissent ses multiples vicissitudes.

Modes d’analyses du parcellaire :

• Localisation
• Topologie, formes géométriques
• Dimensions (largeurs, profondeurs)
• Modes d’occupation (plein/vide)
• Mode de transition (intérieur /extérieur ou rapports à l’extérieur, accès, façade..)
• Mode d’association (rapport aux autres parcelles, formation de l’ilot, à la voie…)

Synthèse
Identifier les types.(choix des critères à justifier)
Construire des typologies.

A Lire et à assimiler (pour débat) :

« La parcelle est le plus petit dénominateur commun de implantation humaine où se retrouvent les éléments juridiques sociaux économiques qui font histoire de la terre où se succèdent les expériences de la culture et de l’habitat. L’analyse historique de la structure parcellaire du tissu urbain est bien le moyen de faire apparaître le lien entre le lieu et architecture entre le lieu et la fonction. Elle seule permet expliquer les rapports de chaque élément avec son voisin et enregistrer la variété de chronie des différentes séquences urbaines
.» F.Boudon et j.Blécon Tissu urbain et architecture. L'analyse parcellaire comme base de l'histoire architecturale In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 30e année, N. 4, 1975. pp. 773-818.

jeudi 23 décembre 2010

Patrimoine ?

Serait-il ce qui a été élaboré par les générations passées et qui a traversé les siècles sous diverses formes (oral, écrite, dessinée, bâtie…).

Mais cet héritage est-il naturellement accepté par les générations présentes ? Y a-t-il obligation d’héritage ?
En réalité, la patrimonialisation (le fait de faire accéder un héritage au statut de patrimoine, donc au classement), est avant tout une prise de position sociale, un choix, une sélection de la commémoration.

Ainsi, le patrimoine se trouve inscrit dans les enjeux de la « sécurité et de la valeur » .

Sécurité et valeur ?

Si le patrimoine porte une valeur sociale fondamentale, il doit être légué : tout un processus de cumulation, de préservation et de retransmission doit être mobilisé. S’il n’existe pas, il est souvent (ré)inventé pour apporter un ensemble de valeur confortant l’existence social, (un leurre ontologique) .

La préservation est aussi synonyme d’invention/réinvention du patrimoine ou du moins son sens. Cette mystification, socialement nécessaire, est là pour décider d’un attachement à un fond « morale », pur et héroïque des aïeux. Un repère s’imposant en référence au présent et alimentant les égos ethniques, évitant ainsi de ce fondre dans le champ réducteur « mondialisation ».

L’enjeu patrimonial est, à l’échelle sociale, de l’ordre de l’identitaire, de l’essentialisme culturel.
Dans cette optique, la politique patrimoniale est souvent « réservée », elle sélectionne, elle valorise ce qui n’interfère pas ses objectifs, elle met en place tout l’arsenal juridique, financier et scientifique pour la promotion et la préservation du patrimoine.

Le patrimoine est inventé.

Si l’enjeu social est pris en compte (le logement de plus de 100 000 habitants sur 270 Ha), la préservation appuyée par l’Association pour la Sauvegarde de la  Médina de Tunis ne vise nullement la muséification, elle procède par interventions intégrées, apportant des conditions adéquates à la fonction résidentielle. Ainsi, la
«spectacularisation » du patrimoine s’insère dans l’enjeu touristique, autre « financeurs » du champ social. En somme, le patrimoine « réinventé » est à la fois « logis » et « marchandise » touristique.

Cependant, les enjeux patrimoniaux sont toujours insérés dans les politiques publiques sous-jacentes aux stratégies regroupant en priorité les constantes nationales. Comme nous l’avons signalé, cet intérêt au patrimoine est parfois sélectif, il ne considère que les objets et les monuments qui symbolisent des choix identitaires au détriment d’autres objets de controverses ou plus anciens.
Dans certains cas, ce sont des «communautés » qui prennent l’initiative pour assurer la protection de certains édifices : communautés religieuses, confréries, ethnies, associations scientifiques et culturelles …..


La patrimonialisation

En Algérie, le patrimoine antique (punique, romain, byzantin et même libyque) ne bénéficie pas de la même attention que tout ce qui a été produit durant la conquête arabo-islamique et même ottomane. Les options politico-culturelles ont un caractère géographique, ethnique et religieux. Alors que les vestiges, romains et byzantins et même français évoquent dans l’idéologie nationale des caractères colonialistes et hérétiques.

Cependant, certaines associations prennent l’initiative pour assurer une « protection » précaire aux objets datant de cette époque, au moment ou les autorités locales montrent un intérêt « mesuré ». Derrière ces attachements, nous pouvons déceler parfois des caractères identitaires « essentialistes », religieux ou universalistes.

Il est permis donc de considérer le processus de patrimonialisation comme mesure de politique publique: il renvoie souvent à un objectif de préservation des attitudes collectives, sociales, culturelles. Le repli sur la « convention » commande des accords implicites ou explicites, latents ou tacites.

En fin de compte, la patrimonialisation est la forme « primordiale » et pratique pour asseoir un « ordre » sur la base d’une admission (et d’adhésion) à des valeurs références du moins sur le plan de l’identité locale ou nationale.

Cependant cette patrimonialisation revêt un caractère sélectif ; prioritairement pour le patrimoine qui
«polarise » des intérêts collectifs. De ce fait, la médiatisation accompagne souvent ce processus pour faire sortir l’objet patrimonial de la banalité et son « classement » au statut de monument.

Cette exceptionnalité s’appuie sur un la représentation « monumentale » de l’objet, "monumentalité" qui "ignore" la grandeur physique ou son échelle, elle valorise surtout les aspects mémoriaux, les figures de styles, l’historicité, la notoriété sociale, culturelle et spirituelle.

C’est également cette exceptionnalité qui suggère des modes de (re) transmission d’un héritage, d’autant que ces « monuments » acquièrent une charge quasi sacrée. C’est également dans cette prise en charge que s’établit la relation entre un inventeur et un héritier. Si le premier avait élaboré cet objet dans des conditions dictées par des besoins précis et pressants, ou même sans contraintes particulières, le fait que ce produit ait traversé l’histoire, donc résisté au temps, lui attribue un valeur nécessitant une prise en charge motivée.

La valeur de l’héritage se renforce encore davantage par :
  • l’effet du temps, qui informe l’objet en agissant sur sa texture, son chromatisme,
  •  l’oralité, cette mémoire qui « gonfle » en accompagnant de « zestes » anecdotiques histoire de l’objet, et qui se transmet également comme héritage (sous forme de légendes).
L’héritage se décline sous diverses attitudes. Dans tous les cas de figures, ce sont des doctrines qui sont établies pour justifier les postures. Si les premières positions s’exposent dans la volonté de prendre en charge l’héritage, le refus, peut également être  adopté. Dans ce dernier cas, le refus ne peut être considéré comme
« démission » sociale, ni comme une« trahison » filiale, il est souvent motivé par des considérations dogmatiques religieuses : tout êtres ou objets ici-bas sont appelés à disparaître….. .

Attitudes envers le patrimoine

Il y a également dans ce volet des dogmes idéologiques : des sociétés tournées résolument vers le futur, cette attitude leur impose d’éviter de s’encombrer des « charges » de tout héritage et du passé. Ainsi, n’est gardé de l’héritage que quelques vagues références réveillées à travers des occasions festives, la littérature ou le cinéma.

L’autre position consistant à attribuer à l’héritage un statut « stratégique » commande une multitude de mesures et de dispositions à élaborer et à instituer pour favoriser sa prise en charge au présent et au futur.

Cependant, l’arsenal juridico-administratif mis en place pour la préservation de l’héritage varie également selon les dogmes sociaux et culturels. Cela va de la muséification à l’usage socio-économique.

La muséification, si elle se décline par une forme d’ « extraire au temps » l’objet patrimonial, et l’ériger en relique, n’est pas moins une forme de patrimonialisation restreinte, car elle ne favorise pas la « dilatation » de la valeur et ni donner des occasions de créativité, ni suggérer des enjeux « socio-économique » à même d’amorcer des apports favorables à la vie quotidienne.

Elle permet souvent de construire un registre de référents symboliques à fonctionnariser lors des crises identitaires. Dans tous les cas de figure la muséification ne peut être un adjuvant dans le parcours développementiste dont les enjeux sont d’ordres économiques, sociaux et même culturels.

C’est en considérant ces limitations que la muséification ne fait pas beaucoup d’émules. Les gestionnaires des villes et les architectes sont en pôle position pour s’opposer à l’institutionnalisation des reliques. En effet, vue comme improductive, la muséification exige une attention et des charges particulières, sans qu’en retour les dividendes soient visibles.

Pour les architectes, elle est un frein à la créativité, d’autant qu’elle fige la modèle et interdit donc tout « valeur ajoutée ».

La logique du patrimoine et la logique de développement local sont devenues quasi inséparable. En effet, le processus de patrimonialisation est rarement déclenché sans visées socio-économiques. Après tout, les centres anciens ou les quartiers anciens objets de patrimonialisation sont « occupés », par conséquent ils servent de support résidentiel à une partie des habitants et des activités commerciales.

La problématique des ces pans urbains se décline dans l’équation qui met en relation, la charge patrimoniale du cadre, la population habitante et l’insertion des exigences de confort. L’importance de chaque facteur commande des attitudes dépassant les seules réponses techniques, l’élaboration des politiques urbaines, des stratégies et des démarches allant des modes de financement à l’implication des habitants deviennent des enjeux nécessaires à la procédure.

Dans d’autres cas, la logique économique fonctionnarise le patrimoine, le cas du tourisme.
En première conclusion les attitudes dans la prise en charge du patrimoine se situent dans des dogmes allant de la « sacralisation » à l’usage à des fins de développement.

LES ENJEUX DU PATRIMOINE

Le patrimoine s’inscrit au préalable dans des politiques sociales et culturelles, le cadre économique est venu s’insérer dans ces objectifs, annonçant que l’héritage intègre également le monde de l’offre et de la demande.

La patrimonialisation est motivée par des :

  •  phobies « sociales » :

Elles concernent ces « peurs » de l’avenir, ou de la modernité. Elles s’expriment dans le refus de dilution de certains groupes socioculturels ou ethniques dans les ensembles englobants .
La mise en relation de l’héritage avec l’identité prend parfois des allures « nationalistes », et de ce fait elle est insérée dans le volet « sécuritaire ». Le patrimoine naturel est également un objet d’intérêt majeur, motivé par des peurs écologiques.

  •  des doctrines humanistes :

L’héritage matériel ou immatériel est le propre de l’homme, et, dans une certaine mesure une forme volontaire d’assumer la retransmission des valeurs entre générations. Il ne s’agit pas de pérenniser des ordres hérités, mais de les adapter aux situations contemporaines. Ainsi, les valeurs (l’échelle) constituent un ensemble de référents à même d’assurer l’équilibre et l’ordre social.

  •  Références techniques et scientifiques.

Tout patrimoine est une somme de « leçons » techniques élaborées pour faire face à des situations sociales et environnementales. Qu’elles soient artisanales ou « idéologiques », elles véhiculent un savoir construit sur la base d’expériences millénaires. De ce fait, le patrimoine devient une base de données « scientifiques » et techniques pour développer des modes de conception ou de réflexion pour l’avenir.


Ainsi, la patrimonialisation s’emploie à « inventer » le patrimoine. Au-delà des enjeux « ontologiques », existentiels ou essentiels, le patrimoine s'érige en un facteur  d’appui au développement socio- urbain, à l’économie urbaine et développement local.

Ce sont ces enjeux qui dictent les formes de sa prise en charge.


En conclusion, les enjeux majeurs de la prise en charge patrimoine visent des objectifs

• idéologiques (identité, rattachement à la patrie, échelle des valeurs communes),
• psychologiques (attachement à des valeurs « authentiques », atténue les phobies),
• scientifiques (expériences techniques, cristallisation des savoirs),
• urbain (économie locale, politique sociale).

mercredi 22 décembre 2010

TERRAIN D'ETUDE ET EXERCICES.

Le choix du terrain d'étude.

L'option pour le centre historique de Constantine revêt plusieurs raisons:
  1. La proximité est nécessaire pour effectuer des sorties régulières sur le site et pour observer les détails. 
  2. Le nombre de travaux effectués sur le patrimoine urbain de la ville constitue une documentation importante pour gagner du temps à élaborer des lectures analytiques et identifier les mutations en cours.
  3. Le centre historique a fait l'objet de plusieurs études. Actuellement, un Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur des Secteurs Sauvegardés (PPSMVSS) est en cours d'élaboration.
  4. Le complexité du Centre Historique de Constantine est un champ propice pour expérimenter des méthodes didactiques pour son approche. Le "palimpseste" constantinois est la superposition de traces et des tracés de différentes époques, par conséquent la décomposition du tissu permettra de saisir le génie et le savoir-faire des anciens bâtisseurs, ce qui constitue un enjeu de connaissance judicieux.            
 Les exercices:


Phase 1
Le groupe d'étudiants est divisé en 3 sous-groupes dont la mission de chacun portera sur un axe particulier mais complémentaire aux deux autres. Les axes sont définis par rapport à certains critères dont le principal est relatif à l'ECHELLE.

Ainsi, les trois axes se présentent comme suit:
  1. L'Echelle "urbaine": Il s'agira de lire la ville ( ou certains pans) à travers son tissu, ses voies, ses espaces publics, ses façades urbaines, son paysage. Il  est également demandé de saisir le ou les processus de formation de ce tissu, les rapports entre parcelles/ilots/voies/espaces pulics et façades.
  2. L'architecture des édifices : le travail demandé s'attèlera à approcher la morphologie/typologie des édifices "banalisés" (ex , maisons, immeubles) et majeurs (monuments, équipements publics..). L'analyse sera entamée par l'unité fondamentale du tissu urbain: la parcelle. Celle-ci sera "interrogée" sur sa localisation dans l'ilot ou le tisssu,  sa forme, son mode d'occupation, son rapport à l'espace public (transistion) et sa façade. Il s'agira de "construire" des typologies pour faire sortir des modes consacrés.
  3. Techniques constructives. Il faut se persuader que la performance d'un patrimoine bâti ne peut se mesurer sans une maitrise technique essentielle. Il est par conséquent primordial d'aller inspecter les aspects liés à la construction. Il s'agira de faire l'inventaire des matériaux de construction utilisés, les modes de mises en œuvre et surtout approcher les "retouches" apportées à l'édifice provenant de  l'artisanat (céramiques; bois, ferronnerie...).    
Phase 2.
Les projets finaux ne seront que des exercices montrant le degré de l'assimilation des travaux d'analyse et d'observation.Toutefois, les orientations seront dictées par nos soins. Dans ce sens, les champs fondamentaux des rendus porteront sur:
  • la "reconstitution" du paysage urbain fortement laminé sur les bords du ravin.
  • la réhabilitation de pans en ruines ou fortement  délabrés
  • la "requalification" des espaces publics précis (places, placettes, rues...)
  • Reconstruction et proposition de fonctions urbaines
  • Reconversion d'édifices anciens
  • Restauration/réhabilitation en optant pour le réemploi.       
 Bien sur l'entame de l'opérationnalisation des connaissances acquises s'appuiera sur :
  • La définition d'une "philosophie", d'une posture ou d'une dialectique que l'étudiant développera (guidé par l'encadreur);
  • L'élaboration d'une "stratégie", mettant en exergue les enjeux poursuivis;
  • La confection d'un programme quantitatif et qualitatif
  • Élaboration d'esquisses ou variantes .....  

mardi 21 décembre 2010

ARGUMENTS ET METHODES

L'atelier de 5eme année entamé depuis cette rentrée est orienté exclusivement sur le thème du patrimoine bâti. Les objectifs pédagogiques envisagés visent :
  • la maitrise des opérations de décomposition/Composition/recomposition de situations architecturales, urbaines et constructives;
  • Le developpement de l'observation et de la lecture d'état complexe;
  • La composition de "projets" à partir des postures "interprétatives" des situations complexes et réelles.
En d'autres termes, partant du postulat de l'harmonie comme ensemble équilibré et proportionné des centres historiques, il s'agira d'identifier la "grammaire" à la base de cette performance. Cette grammaire, présente dans la composition du cadre bâti, n'est pas une attitude spontanée. Elle a été forgée durant l'histoire de manière à réussir le compromis entre le site, la société, l'économie, l'environnement et les techniques dévéloppées pour la mise en oeuvre du cadre bâti.

Parce que cette grammaire n'est pas explicite, il faudra identifier ses règles, ses attributs et ses formes. Pour ce faire, la décomposition est nécessaire. Elle sera insuffisante si elle ne s'appuie pas sur la construction typologique. Rappelons que le type (à ne pas confondre avec modèle) "représente l'idée d'un élément qui doit servir de règle au modèle". (Quatremère de Quincy).


Cette exercice de recherche de la "grammaire" constitue un itinéraire passionnant et fructueux en terme de connaissance de base au.futur architecte. C'est également dans ce "voyage" dans le temps urbain et architectural que l'on peut construire une série d'outils "personnels" à employer dans les exxercices de projettation.


Bien sur les plus "branchés" auront deviné que cette démarche est celle developpée par l'Ecole italienne: la  "typomorphologie". Cette méthode porte davantage sur l'analyse que sur les modes d'interventions. Il faut lui reconnaitre, cependant,  un côté didactique et une portée pédagogique, tant il faut s'"impregner" de l'environnement, l'identifier, l'expérimenter, le mesurer, saisir ses "finesses", pour pouvoir le "réinterpréter".

Nous privilégions les attitudes analytiques, les constructions typologiques, les observations pertinentes et les synthèses intelligentes. nous serons moins regardants sur les projections, mais très attentifs aux "reinterprétations" surtout aux dialectiques des "passages" et de création. 

   
       

dimanche 19 décembre 2010

OUBLI OU INGRATITUDE...

Nous oublions souvent que la discipline architecture (comme ce qui allait être qualifié d'urbanisme) n'est pas une invention d'un esprit perspicace. La pratique de la construction n'est-elle pas entamée par l'homme primitif ? D'ailleurs il y a beaucoup de dissertations concernant sa première cabane. Vitruve, Laugier, Le Corbusier ont tenté chacun une restitution méthodique de cet ouvrage conçu par cet homme primitif dont la technique était fortement imprégnée des œuvres de la nature.

Passée cette urgence de s'abriter contre tout ce qui pouvait lui porter atteinte, l'homme sentit le besoin "d'habiter en poète"...et son imaginaire se déploya pour mettre en œuvre son environnement....


UTILITAS, FIRMITAS, VENUTAS.....quelque soit l'ordre, les règles sont annoncées depuis l'antiquité. Ainsi, Vitruve traça les grandes lignes de la discipline architecture.Elle est une pratique présente chez chacun, comme un réflexe l'homme construit et il pousse plus loin son talent s'il veut la performance: la beauté, la solidité et l'utilité (concordance entre le construit, la rationalité des espaces et les activités ou les pratiques sociales).


Dans le titre, l'allusion à la "gratitude" vient de la considération et pratique de la discipline. il y a une terrible omission: les praticiens et surtout les transarchitectes montrent une arrogance indécente. Ils s'adonnent à leurs joutes "architecturales" comme s'ils sont en train d'inventer la discipline, faisant fi de tout ce que l'anonyme a réussi à élaborer. Et pourtant la discipline doit son existence à tout ce qu'avait construit l'homme depuis le temps primitif.


Ainsi, l'architecture vernaculaire, l'architecture anonyme passent pour des productions obsolètes, folkloriques et hors d'usage. Et pourtant c'est de là que l'apprentissage doit commencer...Car pédagogiquement, cette architecture est d'une puissance fondamentale pour saisir la pensée constructive et surtout la poésie  dans la construction des "lieux".

En somme, la pensée constructive à la base des architectures vernaculaires est essentiellement didactique....c'est un moment fondamental dans l'apprentissage de l'architecture, non seulement comme "pratique" en soi, mais surtout dans ses rapports à l'environnement écologique, social, économique et psychologique.

Ainsi, la banalité des architectures vernaculaires doit se lire comme une forme de décence et de moralité pratique, essentielle dans la société, alors que tous les ouvrages des transarchitectes visent prioritairement à dominer et surtout masquer l'environnement...chacun veut jouer seul et surtout exprimer un ascendant sur l'autre.    

LES TRANSARCHITECTES ET LES ARCHITECTES ANONYMES...

REPROCHER....

Aujourd'hui, la pratique architecturale ne bénéficie de sens ou d'intérêt que si elle arrive à imiter les "styles" des grandes signatures contemporaines. Ainsi, la mondialisation  (comme le Mouvement moderne avant) tend à universaliser les concepts et les modes artistiques et techniques. Plus de place pour la diversité...!

Dans cette "hégémonie", le délire s'érige en moment de gestation , un mode légitime précédant la création. Dans ce jeu, l'exubérance de Z.Hadid, de Foster, Gehry polarise les "groupies" d'architectes ou d'élèves architectes..Les références originelles s'effacent devant les "modèles" du genre signés de ces transarchitectes enfantés par la mondialisation.

Nous pouvons lire sur le web quelques textes alertant les bonnes consciences sur les architectures vernaculaires: "la mondialisation menacerait la diversité culturelle en architecture"....ici le conditionnel apparait comme une forme utilisée pour la "pudeur"...

La mondialisation est fondamentalement ÉCONOMIQUE, "market lead", en est son principal slogan..Le monde est "obligé" à consommer des produits chinois, européens, américains , peu importe, tout doit être vendu ...des techniques aux matériaux de construction et même aux modes de "penser" ...

L' "expropriation " de la pensée et de ses modes conduit directement à une dépendance destructrice....

Cette expropriation devient encore plus facile si nous n'avons pas de repères, des références, un savoir originel et authentique, des modes techniques efficaces et surtout un "patrimoine" .....

PATRIMOINE DIDACTIQUE ET PEDAGOGIE.

Ce blog dédié à la cause pédagogique est voulu comme plateforme d'échange et de partage pour les personnes ayant en commun des inclinations “naturelles”  pour l'architecture en général et vernaculaire en particulier.
Notre souhait primordial est donc voir un “recoupement” d'idée s'établir sur cette page. Ces croisements seront plus appréciés s'ils restent assez regardants sur les questions pédagogiques.

En premier, déclinons notre “posture”: notre intérêt envers le patrimoine est motivé par la conviction que l'approche de cette production est toujours fructueuse en terme de connaissances. Beaucoup de solutions ont été employées pour des problèmes souvent similaires aux notres. Ces trouvailles étaient performantes, adaptées aux situations sociales, culturelles, environnementales et techniques….

D'autre part, il y a des positions à prendre par rapport à ce patrimoine légué…le conserver? le muséifier? l'exploiter ? Autant d'opérations qui peuvent être approuvées ou refusées..

Pour notre part, nous prônons LA FRUCTIFICATION DE L'HERITAGE…

Le concept de ” patrimoine”, nous préférons  l'apparenter sémantiquement à héritage…et en tant que tel, la mission d'un héritier est non seulement la conservation du legs ancestral, mais aussi de pouvoir et de devoir  le fructifier en apportant des “retouches” en guise de plus-values…mais sans effacer sa souche originelle….   

En d'autres termes, pourquoi assigner aux jeunes générations juste le "devoir" de conserver l'héritage?

Pourquoi leur "interdire" au nom d'un vague respect aux ancêtres  d'y apporter leur sensiblité et une des touches actuelles?

Pourquoi leur interdire de participer à le "fructifier"?

Les réponses à ce questionnement constituent notre programme...c'est une responsabilité pédagogique....didactique et morale...